Le mieux ennemi du bien ?


Des poupées handicapées, voilà les produits nouveaux que des fabricants de jouets américains lancent sur le marché depuis quelque temps. Ils justifient cette initiative, avec l'approbation de nombreux parents d'enfants handicapés, en soulignant que c'est une manière d'aller au-delà des modèles de beauté et de comportement qui sont imposés par la société de consommation via la publicité, la télévision, etc.

Parce que l'enfant handicapé aime une poupée "différente", disent-ils, il peut comprendre et croire que lui-même soit aimé aussi. Et le fait de se sentir aimé, c'est-à-dire aimable, l'aide beaucoup à s'accepter, à s'épanouir et à s'intégrer.

Cependant, d'autres font observer que c'est aussi une façon de propager les stéréotypes attachés au handicap. Lesquels ne font que renforcer la stigmatisation des personnes handicapées qui est, selon eux, le principal obstacle à leur reconnaissance par autrui. En outre, il leur paraît douteux que les enfants handicapés ignorent les modèles sociétaux en vigueur et, par conséquent, soient portés à s'identifier à des poupées "différentes".

Ce débat est fort intéressant du point de vue de la promotion de la diversité, notamment parce qu'il concerne une initiative située en amont de la problématique qui nous réunit ici. Qu'en pensez-vous ?

2 commentaires:

  1. En somme, ces nouvelles poupées auraient un effet psychologique positif et un effet sociologique négatif... J'ai l'impression que nous voici renvoyés à une question essentielle : qu'est-ce que le bonheur ?

    C'est en effet l'enfant handicapé qui est le sujet, au sens philosophique, de toute la question. Autrement dit, c'est son bonheur, et rien d'autre, qui réside au centre de cette problématique.

    Une ligne de pensée qui a longtemps prévalu dit que le bonheur consiste à être en accord avec soi-même. Une conception plus moderne soutient qu'il suppose que les autres nous estiment en accord avec eux.

    Peut-être est-ce la pensée stoïcienne qui a trouvé l'articulation la plus équilibrée entre les deux...

    Marie-Christine

    RépondreSupprimer
  2. Pour rester plus près de la réalité (excuse-moi, Marie-Christine) je dirai que ces poupées me semblent être une bonne idée. En effet, qui entretient un lien affectif avec elles, et surtout qui les voit ? Ce sont les enfants !

    Et si les autres ne les voient pas, ou très peu, comment les stéréotypes se propagent-ils ? Auprès de qui la stigmatisation s'opère-t-elle ? Par conséquent, un grand bien d'un côté et un petit mal éventuel de l'autre... je suis pour !

    Laurent

    RépondreSupprimer

Bonjour et merci de réagir ! Ecrivez ce que vous voulez...