Vous pouvez être testé


Le « testing », comme moyen de preuve dans le contentieux de la discrimination, a été accepté par la jurisprudence et la Cour de Cassation a reconnu la validité du test comme mode de preuve de la discrimination.

Dans un test type réalisé pour la HALDE par l’observatoire des discriminations, des CV ont été envoyés en réponse à des offres d’emploi publiées sur les sites web de 3 grandes entreprises, permettant d’évaluer les réponses apportées à 1 080 CV. Les discriminations testées étaient celles liées aux critères suivants :
- le sexe
- l’origine
- l’âge
- le handicap
- l’apparence physique

Les CV envoyés correspondaient à ces 5 profils testés en plus d’un CV de référence (homme de 28 ans environ, nom évoquant une origine de France métropolitaine, pas de photo).

Première remarque : le taux de non-réponse est important indépendamment de toute pratique discriminatoire.
Deuxième remarque : Les postulations se sont limitées au courrier
électronique, ce qui ne donne pas d’indications au-delà de la réponse positive ou négative ; par exemple sur l’échange téléphonique, l’entretien de recrutement, etc.

Ce test permet cependant d’observer des tendances.
D’une part : ce sont les candidats de référence et les candidatures féminines qui obtiennent le plus de réponses positives. Les candidats handicapés obtiennent également un bon résultat.
D’autre part : les candidats d’origine maghrébine, âgés et d’apparence physique peu attractive ont des taux de réponse plus faibles, sans que les écarts soient suffisants pour conclure à une discrimination.

Il n’empêche que 40 % des réclamations reçues par la HALDE concernent l’emploi. Et elles montrent que la discrimination ne se manifeste pas seulement lors du recrutement, mais tout au long du parcours professionnel. La HALDE poursuit des tests réguliers de discrimination dans l’ensemble des secteurs et dans tous les types d’entreprise.

Lire le rapport détaillé :
http://www.halde.fr/IMG/pdf/Dossier_de_presse_VF-3.pdf


La discrimination oubliée…

Le CJD a présenté le mois dernier un rapport intitulé « Dialogue social : explorons ensemble de nouvelles voies ». Il y propose 15 mesures concrètes pour repenser le dialogue social. Bon, mais voilà qu’au passage il met en lumière une discrimination bien oubliée : celle qui distingue les salariés selon la taille de leur entreprise. Plus ou moins de 50 salariés, cela change tout ! Le CJD veut mettre fin à cette discrimination qui pénalise les salariés des PME et TPE, et fait la proposition suivante :

« En supprimant les effets de seuil par la création d’une instance unique de représentation du personnel (IURP) qui regroupera toutes celles existantes, et ce à partir de 10 salariés (contre 50 aujourd’hui), les entreprises développeront toutes la culture du dialogue dans leur travail et leur vie interne. Leur financement et la gestion du temps alloué et leurs missions seront gérées de façon autonome et 100 % des salariés seront sensibilisés au dialogue social, tout comme les dirigeants. Les élus seront formés sur leur thématique d’attribution. Enfin, les questions environnementales, sociales et sociétales (telles que l’emploi des jeunes ou des seniors, la diversité, etc.) seront introduites et discutées au sein de cette IURP. »

Pas bête ! Qu’en pensez-vous ?

Pour explorer le CJD :
http://www.cjd.net/Default.aspx

Pour découvrir le rapport :
http://www.cjd.net/portals/0/rapport_DialSoc_2009.pdf