
La société du spectacle est peut-être bien insidieusement devenue celle du marketing, c'est du moins ce que nous fait remarquer l'un de nos correspondants. Y a-t-il une grande différence entre les deux concepts ? A vous de le dire, ou plutôt de l'écrire.
L'idée, si nous comprenons bien, est que le marketing, troupe de choc et poste avancé du capitalisme, pense notre existence à notre place et nous dicte nos désirs. Pour quoi faire ? Pour nous vendre des biens de consommation.
Il s'agit que les biens utiles nous soient vendus trop cher, donc d'y ajouter une valeur artificielle, et surtout que d'innombrables biens inutiles nous fassent envie, donc de les parer d'une valeur illusoire. De toute manière, l'important est de capter notre argent, c'est à dire de s'approprier notre travail, comme au bon vieux temps...
Le débat est tout vert (développement durable oblige !), bienvenue à tous.
Oui, le marketing produit un système totalitaire. Oui, il repose sur l'aliénation du sujet (je ne parle pas de réification, nous n'en sommes tout de même pas là !). Il s'agit, en somme, de transformer le citoyen en consommateur. Le marketing ne connaît pas les acteurs sociaux, il ne ne connaît que des consommateurs.
RépondreSupprimerJe crois que la différence avec la société du spectacle n'est pas grande. Le marketing fabrique du spectacle pour capter l'attention, et il la retient en enchaînant spectacle sur spectacle de manière à fabriquer un "story telling" sans fin. Et l'histoire qu'il raconte se substitue entièrement à la réalité.
Hélène
Bonjour à tous...
RépondreSupprimerAujourd'hui même, la Saint-Valentin nous fournit un parfait exemple de mot d'ordre du marketing !
Marie-Louise
Cent fois d'accord avec vous, mes amis ! Et je voudrais en profiter pour signaler une autre genre de "bourre-mou" popularisé jusqu'à l'hallucination : la capitale question du choix... On nous l'explique méticuleusement, nous n'avons pas besoin de telle chose ou de telle autre, non, nous avons besoin d'avoir le choix entre mille choses et cent mille autres !
RépondreSupprimerC'est formidable pour ôter toute lisibilité aux offres et nous réduire à la plus baveuse incertitude. Et puis avoir le choix, par exemple, entre cent cinquante-deux programmes de télévision stupides, est-ce avoir un choix ? Donner le choix entre quarante-sept finitions à quelqu'un qui a besoin d'une voiture, n'est-ce pas lui vendre des finitions à la place d'une voiture ?
Bon, j'arrête là... vous voyez ce que je veux dire !
Jean-Michel
Oui, on voit ce que tu veux dire, Jean-Michel. Mais ce débat me fait penser à celui de l'oeuf et la poule : lequel est premier ? On produit du choix jusqu'à l'absurdité parce que le public le demande. On fabrique du consommateur parce que le citoyen veut consommer. Pourquoi considérer que ce soit un mal de satisfaire les attentes matérielles des "sujets de l'histoire et de la philosophie" ?
RépondreSupprimerLucie