
Si se défier d'autrui et le rejeter est dans la nature de l'homme, il faut renoncer à l'utopie de changer cela rapidement. Mais si ce soi-disant "instinct" de discrimination est une construction culturelle, il en va tout autrement. La question n'est plus alors de modifier une personne, mais de lui fournir assez de matériaux culturels pour qu'elle puisse concevoir de nouvelles opinions la détournant des attitudes discriminatoires et des comportements associés. Ainsi son débat intérieur conduira-t-il à l'élaboration de nouvelles représentations sociales. Voilà où se situe la véritable clé d'une évolution positive des pratiques sociales.
OK, c'est bien joli tout ça... mais la vraie question reste posée : quels "matériaux culturels" faut-il fournir à l'acteur social pour obtenir le résultat souhaité ?
RépondreSupprimerJean-Luc
Ceux qui sont induits par les valeurs républicaines, non ? Je ne trouve pas, moi, que ce soit si difficile que cela de les définir... Nos valeurs sont inscrites dans notre loi et dans notre récit de l'Histoire de France. Si on revenait aux textes au lieu de se laisser abrutir par le bruit des médias (autrement dit celui du système capitaliste), on y verrait plus clair. On cesserait peut-être de ressembler à Diogène, qui cherchait un homme une lanterne à la main en plein midi !
RépondreSupprimerMarie-Christine
D'accord, Marie-Christine, mais j'ai l'impression que l'Ecole a abandonné depuis longtemps la transmission des textes ! Faudrait y revenir, et ça ne sera pas facile... A part dans les lycées de l'élite, l'Ecole fait (à mon avis) du bla-bla et du dressage de "sauvageons", c'est pas terrific pour construire le volet sociétal du développement durable (je fais exprès de reprendre la formule consacrée, le mot d'ordre obligatoire, mais je pense que ça ne veut pas dire grand-chose... le développement du rable, pour moi, ça ne concerne que les éleveurs de lapins!)
RépondreSupprimerMarcel
Oh ! Marcel... Le développement durable concerne surtout les poseurs de lapins, ceux qui donnent aux travailleurs l'éternel rendez-vous de la croissance (demain on rase gratis) dont ils ne partageront jamais les fruits. Je veux bien entendu parler des capitalistes. Le développement durable est une invention du marketing pour créer de la valeur ajoutée inutile et pour empêcher (par règlements et circulaires le plus souvent européens : c'est pas moi, c'est les autres) les pays émergents de toucher à nos marchés. C'est incroyable qu'on s'en rende si peu compte et que personne n'ose le dire une bonne fois pour toute dans la belle tévévision magique !
RépondreSupprimerAdrien
Je suis entièrement d'accord avec toi, Adrien.
RépondreSupprimerEt je pense même qu'on est dans un monde de marketing, que le marketing a remplacé la réalité. La réalité est virtuelle, toute représentée par le marketing et les médias. Quand la réalité est remplacée par autre chose, on est dans la définition de la folie, note-le bien. Mais je devrais plutôt parler d'aliénation, ça parlerait mieux dès lors qu'on se rappelle un peu les derniers intellectuels qu'on a eu en France, il y a trente ou quarante ans.
Marie-Christine